um inter nonnullos-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Prologue (page 15)

Source :

Décrétale du Pape Jean XXII parue en 1323 et dont les premiers mots sont en fait :

Cum inter nonnullos viros scholasticos saepe contingat in dubium revocari scholasticos viros

Traduction :

Phrase latine signifiant "Puisque parmi plusieurs (...)"

On trouvera à cet endroit une traduction en anglais de cette décrétale - dont voici une tentative de traduction en français :

Puisque, parmi plusieurs hommes érudits, il arrive souvent qu'il en soit pris de doutes quant à la nécessité de déclarer hérétiques et de censurer ceux qui affirment avec entêtement que Notre Rédempteur et Seigneur Jésus Christ et Ses Apôtres ne possédaient rien personnellement, ni même en commun,
différentes opinions parfois divergentes ayant été émises à ce sujet,
Nous, souhaitant mettre un terme à ce débat, et après [avoir reçu] conseil de nos frères [les cardinaux], déclarons, par ce décret à jamais valide, qu'une telle affirmation obstinée, alors même que les écritures sacrées assurent à maintes reprises que Jésus Christ et Ses Apôtres possédaient en effet des biens matériels, contredise expressément cela, et suppose ouvertement que les-dites écritures sacrées, à travers lesquelles de toute évidence les articles de la foi orthodoxe sont prouvés du point de vue des choses évoquées précédemment, contiennent le ferment du mensonge, et par conséquent, aux regards de ces choses, discrédite toute foi en elles,
qu'une telle affirmation, donc, rend la Foi Catholique douteuse, incertaine, lui retire sa valeur de démonstration, et doit donc être censurée puisqu'erronnée et hérétique. De plus, affirmer avec entêtement, dans le même contexte, que le droit d'usage ne se serait en aucun cas appliqué à Notre sus-dit Rédempteur [et] à Ses Apôtres s'agissant des biens matériels, que les écritures sacrées assurent pourtant qu'ils avaient bel et bien possédés, ou qu'ils n'auraient pas eu le droit de vendre ou de donner quoi que ce soit, ni même [le droit] d'acquérir les choses en question, toutes actions que néanmoins les écritures sacrées assurent qu'ils entreprirent à l'encontre des biens matériels, ou laissent expressément entendre qu'ils auraient pu agir ainsi, puisqu'une telle affirmation signifierait nécessairement que leur usage des biens matériels et leur conduite, à propos des sus-dites choses, n'étaient pas fondés, ce qui sans aucun doute, s'appliquant à l'usage, la conduite ou les actes de Notre Rédempteur, le Fils de Dieu, est avis mauvais à défendre,
Nous déclarons, après [avoir reçu] conseil de nos frères [les cardinaux], cette affirmation obstinée comme devant être, comme elle le mérite, censurée car contraire aux écritures sacrées, hostile à la doctrine Catholique, et hérétique. Il est bien évidemment proscrit à quiconque de contrevenir à cette déclaration, ou par imprudence d'oser la contredire. Si malgré tout quelqu'un [devait faire cela, faites lui savoir qu'il s'est attiré la colère du Dieu Omnipotent et de ses Apôtres, Pierre et Paul.]
Présenté en Avignon, deux jours avant les Ides de Novembre [soit le 12 Novembre (merci à Antoine M.)], dans la Septième année [de Notre Pontificat]. [soit en l'An 1323]

Attention : il s'agit d'une traduction d'un texte anglais traduit lui-même du latin... et, de plus, je ne suis pas un traducteur professionnel !

Note :

Comme il est d'usage avec les décrétales papales, ce début de phrase permet d'identifier dans son intégralité celle qui débute par ces mots. La décrétale en question déclare comme hérétiques ceux qui défendent la thèse de la pauvreté du Christ (en d'autres termes : les Franciscains « de la période Pérugia »).


ibernie" et "Northumbrie"-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Prologue (page 18)

Note :

L'Hibernie est l'ancien nom de l'Irlande, tandis que la Northumbrie désigne aujourd'hui un Comté du Nord de l'Angleterre.


aïdikoï", "éphébikoï" et "gynaïkeioï"-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Prologue (page 18)

Traduction :

Termes grecs signifiant respectivement "pour les enfants", "pour les adolescents" et "pour les femmes".

Note :

La traduction du roman en anglais omet toutes la partie de phrase allant de "(...) comme pour les discours, (...)" à "(...) et ainsi de suite, si bien que (...)" : les 3 mots grecs en question sont donc absents de cette version du roman.

Le texte original en italien écrit les mots sans tréma ("paidikoi", "ephebikoi" et "gynaikeioi"), sans doute parce que la prononciation de ces mots en italien est conforme à la langue grecque, alors qu'en français le recours au tréma est nécessaire pour éviter les sons "ai" et "oi".

Merci à Adler, administrateur du forum Requiem Cum Libro, d'avoir signalé une erreur dans ma traduction initiale : en effet, je traduisais alors "gynaïkeioï" par "pour les adultes".


oechus-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Prologue (page 19)

Traduction :

Mot grec signifiant "coupable d'adultère".


nico homine regente..." et "...ut sine animali moveantur cum impetu inaestimabili, et instrumenta volandi et homo sedens in medio instrumenti revolvens aliquod ingenium per quod alae artificialiter compositae aerem verberent, ad modum avis volantis"


Repère :

Prologue (page 20)

Source :

Roger Bacon:
« Epistola de secretis operibus Artis et Naturae, et de nullitate Magiae » (~1260)
(« Lettre sur les prodiges de la nature et de l'art et sur la nullité de la magie »)

Traduction :

N'ayant trouvé trace que d'une traduction en vieux français et de celle en langue anglaise indiquée en "Notes", je tente la traduction en français moderne que voici :

Texte original issu du roman:
Et un jour par force de nature on pourra faire des instruments de navigation grâce à quoi les bateaux iront unico homine regente, et bien plus vite que poussés par des voiles ou des rames; et il y aura des chariots ut sine animali moveantur cum impetu inaestimabili [ut existimantur currus falcati fuisse quibus-antiquitus pugnabatur] et instrumenta volandi et homo sedens in medio instrumenti revolvens aliquod ingenium per quod alae artificialiter compositae aerem verberent ad modum avis volantis.

Traduction:
Et un jour par force de nature on pourra faire des instruments de navigation grâce à quoi les bateaux iront commandés par un seul homme, et bien plus vite que poussés par des voiles ou des rames; et il y aura des chariots avançant à une vitesse inimaginable, quoique sans recourir à la force animale [il est d'ailleurs probable qu'à l'Antiquité déjà les chariots de combat fonctionnaient de la sorte], et des machines volantes conçues de telle façon qu'un homme assis en leur sein, en manipulant un levier, fera battre des ailes artificielles, imitant ainsi le vol d'un oiseau.

Notez dans les 2 textes ci-dessus les passages entre crochets : ils n'apparaissent pas dans le roman, mais font pourtant parti du texte original de Roger Bacon; j'ai, par conséquent, cru bon les rajouter.

Notes :

Roger Bacon était, comme Guillaume de Baskerville, un Franciscain.

Le texte intégral de la "Lettre...", dans sa version en anglais, est disponible ici.

La traduction du roman "Le Nom de la Rose" en anglais ne mentionne en tout et pour tout que les 2 expressions latines suivantes : unico homine regente et ad modum avis volantis. Les chariots y sont simplement décrits comme étant "auto-propulsés", et les "machines volantes" sont décrites en anglais plutôt qu'en latin.