erbum mentis-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Tierce (page 35)

Traduction :

Expression latine signifiant littéralement mot de l'esprit.

Notes :

Cette expression nous provient de Thomas d'Aquin, qui qualifiait ainsi un "concept universel" [TKTNR], une "construction immatérielle" [Adler] , une abstraction - que d'autres philosophes ou théologiens nommaient plus communément verbus cordis.

Il semblerait que ce soit Aristote qui ait le premier théorisé, dans son livre des Physiques, les différents états de la connaissance - allant du plus général (un corps étendu en extension) au plus particulier (Brunel).

Par ailleurs, le verbus mentis est la première des trois paroles que possède l'Homme - les deux suivantes étant respectivement la parole intérieure et la parole extérieure. Cette cascade de paroles est ce qui permet de relier la connaissance à l'expression orale de cette connaissance.

Voir le livre de Thomas d'Aquin nommé "Questions disputées sur la vérité, Question IV : Le Verbe", qui traite spécifiquement de ce sujet, et en particulier du rapport de valeur entre la connaissance et la parole humaines d'une part et la connaissance et la parole divines d'autre part.
Voir également, pour celles et ceux lisant l'Anglais, le Chapitre 5 de ce document (désormais payant).

 


avel-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Tierce (page 35)

Notes :

Favel (Favello, en italien) doit sûrement être un nom typique pour un cheval à la robe fauve.

Néanmoins, dans la traduction en anglais du roman, le nom Niger a été utilisé - pour rappeller donc la robe noire du cheval.


criptorium-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Tierce (page 41)

Traduction :

Mot latin désignant une salle d'écriture.

Notes :

Le principe de la salle d'écriture, et de la bibliothèque pour conserver les écrits, en tant que partie d'un monastère, nous vient de Cassiodore, dont le monastère calabrais Vivarium était le premier à en être équipé (seconde moitié du VIe siècle).
Le scriptorium devint plus tard l'un des signes distinctifs des monastères bénédictins, où les travaux d'écriture revenaient aux moines les plus cultivés. [TKTNR]


ris sacerdos in aeternum-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Tierce (page 42)

Source :

La Bible / Ancien Testament / Psaumes / Chapitre 110 / Verset 4

Notes :

Le verset ci-dessus contient en fait les mots suivants : ...es sacerdos in aeternum... - soit la tournure au présent de ...eris (...)..., qui est au futur.

L'expression sacerdos in aeternum est reprise dans les versets suivants de l'Epître aux Hébreux (Nouveau Testament) : 5:6, 6:20, 7:17, 7:21

L'expression est adressée à Jésus.

Traductions :

[Iuravit Dominus et non paenitebit eum]
(tu) es sacerdos in aeternum
[secundum ordinem Melchisedech.]

(La Bible Vulgate en latin)

[Yahvé l'a juré, il ne s'en dédira point : "]
Tu es prêtre à jamais
[selon l'ordre de Melchisédech."]

(La Bible de Jérusalem)

[Le Seigneur a juré, et son serment demeurera immuable, que]
vous êtes le prêtre éternel
[selon l'ordre de Mélchisédech.]

(La Bible traduite par Lemaître de Sacy)

[Yahvé l'a juré, et il ne s'en repentira pas : "]
Tu es prêtre à jamais
[selon l'ordre de Melchisédech."]

(La Bible traduite par Emile Osty)

[Le Seigneur l'a juré, il ne s'en repentira point : "]
Tu es prêtre pour toujours
[à la manière de Melchisédech."]

(La Bible traduite par Augustin Crampon)

[L'Éternel l'a juré, et il ne s''en repentira point :]
Tu es sacrificateur pour toujours,
[à la manière de Melchisédek.]

(La Bible protestante de Louis Segond - Edition 1910)

[L''Eternel l'a juré, et il ne se rétractera pas : "]
Tu es prêtre pour toujours
[à la manière de Melchisédek."]

(La Bible protestante de Louis Segond - Edition "Segond 21")

[Le Seigneur l'a juré, il ne s'en repentira pas : "]
Tu es prêtre pour toujours
[à la manière de Melkisédeq."]

(La Traduction Oecuménique de la Bible)

[Iahvé l'a juré et il ne s'en repentira pas : "]
Tu es prêtre à jamais
[à la manière de Melchisédech."]

(La Bible de la Bibliothèque de La Pléiade)

[Yhwh l'a juré
non il ne changera pas]
Tu seras prêtre pour toujours [selon le principe de Melchisédech]

(Nouvelle Traduction de la Bible chez Bayard)

[The Lord hath sworn, and will not repent,]
Thou art a priest for ever
[after the order of Melchizedek.]

(La Bible en anglais, traduction du Roi Jacques)


oram monachos-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Tierce (page 42)

Notes :

L'édition originale en italien fait mention, tout comme l'édition en anglais (et -du coup- sans doute bien d'autres), de l'expression erronée coram monachis.

Merci à Anita de m'avoir ouvert les yeux sur le fait que la formule 'Coram Monachos' est juste, alors que 'Coram Monachis' est fausse : je croyais que c'était l'inverse !

Traduction :

Littéralement : "en la présence des moines"
C'est-à-dire : "officiellement", "publiquement"

Merci à Adler, administrateur du forum Requiem Cum Libro, d'avoir travaillé le premier (de nous deux, au moins ;p) sur cette entrée (page originale visible ici), et de m'avoir autorisé à reprendre son contenu sur mon site.


rmaria-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Tierce (page 43)

Notes :

Armaria est un mot latin au pluriel, dont le singulier correspondant est armarium.

La traduction du roman en anglais traduit ce mot latin par le très générique cases (quel dommage !).

Traduction :

Un armarium désignait, à l'époque médiévale, le meuble (ou la niche aménagée dans le mur) où les livres étaient conservés.
Par extension, ce terme fut ensuite employé pour désigner la pièce attribuée à la conservation des livres - ou les pièces, si comme ici le pluriel armaria est utilisé.
On peut donc traduire armarium/armaria par bibliothèque, tant le meuble que le lieu.


onasterium sine libris est sicut civitas sine opibus, castrum sine numeris, coquina sine suppellectili, mensa sine cibis, hortus sine herbis, pratum sine floribus, arbor sine foliis


Repère :

Premier Jour / Tierce (page 44)

Source :

Jakob Louber, prieur du monastère chartreux de Bâle (en Suisse), décédé en 1513.

Notes :

Ce texte n'est ni antérieur ni contemporain à l'action du roman : il a été écrit au XVe siècle !

Par contre, il est probable que Jakob Louber ait été inspiré par le proverbe suivant : claustrum sine armario, quasi castrum sine armamentario qui, lui, a bien été écrit au XIIe siècle (semble-t-il en 1170, par le chanoine Geoffroy de Breteuil, prieur de l'abbaye de Sainte-Barbe-en-Auge).

Traductions :

Monasterium sine libris...

Un monastère sans livres est comme une ville sans richesse, une forteresse sans gardiens, une cuisine sans ustensiles, un buffet sans nourriture, un jardin sans herbe, un pré sans fleurs, un arbre sans feuilles.

Claustrum sine armario...

Un couvent sans bibliothèque ressemble à une forteresse sans salle d’armes.


undus senescit-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Tierce (page 44)

Source :

La source exacte semble indéterminée, mais il s'agit quoi qu'il en soit d'une "maxime" fréquemment utilisée au Moyen-Age.

Traduction :

Phrase latine signifiant "le Monde vieillit".

Notes :

Cette phrase laisse transparaître la nostalgie d'une époque passée, sentiment particulièrement partagé chez les théologiens du Moyen-Age.

Le "Honorius" mentionné par l'Abbé est Honoré d''Autun, un théologien bénédictin du XIIe siècle. [TKTNR]

Au tout début du prologue (page 13, ligne 13), Adso de Melk parle de lui-même en disant : "vieilli comme le monde". [TKTNR]