i licet magnis componere parva-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-

Repère :

Premier Jour / Sexte (page 56)

Traduction :

Expression latine signifiant s'il est permis de comparer les petites choses aux grandes.

Le reste du texte entre parenthèses (...ou aux choses divines, les diaboliques) pourra peut-être être plus aisément compris si l'on substitue à l'expression latine sa traduction en Français, et peut-être plus encore si l'on réécrit l'ensemble de la façon suivante :
(s'il est permis de comparer les petites choses aux grandes, ou les choses diaboliques aux choses divines)

Notes :

Cette expression est tirée des Géorgiques du poète latin Virgile, plus précisément du Livre IV ("Le Rucher") dédié à l'apiculture.

Voici une traduction en Français, par Maurice Rat, du texte comportant l'expression en question :

Ainsi, quand les Cyclopes se hâtent de forger les foudres avec des blocs malléables, les uns, armés de soufflets en peau de taureaux, reçoivent et restituent les souffles de l'air; les autres plongent dans un bassin l'airain qui siffle; l'Etna gémit sous le poids des enclumes; eux lèvent de toutes leurs forces et laissent retomber leurs bras en cadence, et, avec la tenaille mordante, tournent et retournent le fer; de même, s'il est permis de comparer les petites choses aux grandes, les abeilles de Cécrops sont tourmentées d'un désir inné d'amasser, chacune dans son emploi. Les plus vieilles sont chargées du soin de la place, de construire les rayons, de façonner les logis dignes de Dédale; les plus jeunes rentrent fatiguées, à la nuit close, les pattes pleines de thym; elles butinent, de çà, de là, sur les arbousiers et les saules glauques et le daphné et le safran rougeâtre et le tilleul onctueux, et les sombres hyacinthes. Souvent aussi, dans leurs courses errantes, elles se brisent les ailes contre des pierres dures, et vont jusqu'à rendre l'âme sous leur fardeau, tant elles aiment les fleurs et sont glorieuses de produire leur miel.

Virgile compare donc dans ce texte le travail des abeilles à celui des Cyclopes forgerons, d'où son s'il est permis de comparer les petites choses aux grandes.

A noter que le texte original de Virgile dit si parva licet componere magnis et non si licet componere magnis parva.

Il est par ailleurs remarquable que les Géorgiques, tout comme le plus célèbre Enéide du même auteur, n'ait pas été écrits en prose (comme l'extrait en Français ci-dessus pourrait le laisser entendre), mais sous la forme d'un poème fortement contraint !

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