'Edifice-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Prime (page 27)

Note :

Là où les textes en italien et en français ont respectivement recours au mot Edificio/Edifice, la traduction du roman en anglais utilise, curieusement, le terme latin Aedificium - au lieu de [Huge] Building.


empervirens-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Prime (page 28)

Traduction :

Adjectif latin signifiant "au feuillage persistant" (littéralement "toujours [semper] vert [virens]") - par extension : "verdoyant".

Note :

Le texte original en italien utilise l'adjectif italien sempreverdi, et la traduction du roman en anglais l'adjectif evergreen - tout deux construits sur le même modèle que l'adjectif latin sempervirens utilisé dans la traduction en français.

Merci à Adler, administrateur du forum Requiem Cum Libro, d'avoir travaillé le premier (de nous deux, au moins ;p) sur cette entrée (page originale visible ici), et de m'avoir autorisé à reprendre son contenu sur mon site.


runel-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Prime (page 29)

Note :

Ce nom est volontiers donné à un cheval dont la robe est de couleur brune.

Plutôt que d'appeler le cheval "Browny" (sens assez proche du "Brunello" original et du "Brunel" issu de la traduction en français), le traducteur du roman en anglais a préféré utiliser l'adjectif latin "Brunellus".
A cause du célèbre biscuit américain du même nom ?


mnis mundi creatura
Quasi liber et pictura
Nobis est in speculum


Repère :

Premier Jour / Prime (page 30)

Source :

Ces vers sont tirés du "Rhythmus de incarnatione Christi" (XIIe siècle), attribué à Alain de Lille.

Voici le poème dans son intégralité :

Omnis mundi creatura
Quasi liber et pictura
Nobis est et speculum;

Nostre vite, nostre mortis,
Nostri status,nostre sortie
Fidele signaculum.

Nostrum statum pingit rosa,
Nostri status decens glosa,
Nostre vite lectio,
Quae dum primo mane floret
Defloratus flos effloret
Vespertino senio.

Ergo spirans flos expirat
In pallorem dum delirat
Oriendo moriens;
Simul vetus et novella,
Simul senex et puella,
Rosa marcet oriens.

Sic etatis ver humane
Juventutis primo mane
Reflorescit paululum;
Mane tamen hoc excludit
Vite vesper, dum concludit
Vitale crepusculum.

Cujus decor dum perorat
Ejus decus mox deflorat
Etas in qua defluit;
Fit flos fenum, gemma lutum,
Homo cinis, dum tributum
Homo morti tribuit.

Cujus vita, cujus esse
Pena, labor et necesse
Vitam morte claudere;
Sic mors vitam, risum luctus,
Umbra diem, portum fluctus,
Mane claudit vespere.

In nos primum dat insultum
Pena mortis gerens vultum,
Labor, mortis histrio;
Nos proponit in laborem,
Nos assumit in dolorem,
Mortis est conclusio.

Ergo clausum sub hac lege
Statum tuum, homo, lege,
Tuum esse respice,
Quid fuisti nasciturus,
Quid sis presens, quid futurus,
Diligenter inspice.

Luge penam, culpam frange,
Motus frena, fastum frange,
Pone supercilia;
Mentis rector et auriga,
Mentem rege, fluxus riga,
Ne fluant in devia.

Traduction :

Toute créature du monde
Est pour nous comme un livre,
Une peinture et un miroir,

De notre vie, de notre mort,
De notre condition, de notre sort
La sûre indication.

Notre condition est peinte dans la rose,
De notre condition belle glose,
Leçon de notre vie;
Tandis qu’au petit matin elle fleurit
Elle perd sa fleur, fleur défleurie
Par la vieillesse du soir.

Donc la fleur qui respire expire
A en pâlir, tandis qu’elle délire
En mourant à sa naissance;
A la fois ancienne et nouvelle,
A la fois vieille et jouvencelle,
La rose se fane en naissant.

Ainsi le printemps de l’existence
Au petit matin de la jeunesse,
C’est à peine s’il refleurit;
Or, le soir de la vie exclut
Ce matin, tandis que se conclut
Le crépuscule de la vie.

Tandis que pérore son charme,
Bientôt déflore sa parure
L’existence qui l’emporte;
La fleur se fait foin, la gemme boue,
L’homme cendre, tandis qu’à la mort
Il acquitte son tribut.

Car sa vie, car son être
Sont peine, labeur et nécessité
De clore la vie par la mort;
Ainsi la mort clôt la vie,
Les pleurs le rire, l’ombre le jour,
Les flots le port, le soir le matin.

Nous donnent d’abord l’assaut
La peine, qui porte visage de mort,
Le labeur, qui mime la mort;
Elle nous expose au labeur,
Il nous réserve à la douleur,
La mort apporte la conclusion.

Donc, sous cette loi enclose,
Lis, homme, ta condition,
Tourne ton regard vers ton être,
Ce que tu fus à ta naissance,
Ce que tu es à présent, ce que tu seras,
Plonges-y ton regard avec attention.

Pleure ta peine, plains ta faute,
Refrène tes émotions, brise ta fierté,
Dépose ton orgueil;
Pilote et aurige de ton esprit,
Gouverne-le, dirige son cours,
Pour ne pas courir à l’inconnu.

(Traduction trouvée dans cet essai de Florent Rouillé)

Notes :

Il est intéressant de noter que le poème utilise l'analogie de la rose pour décrire la fragilité de la vie et l'inéluctabilité de la mort.

Adso fait référence, plus tard dans le roman, et de façon indirecte, à ce poème - dans "Quatrième jour / Tierce" (page 301). [TKTNR]

Ce poème a été retenu par Jacques-Paul Migne lorsque celui-ci constitua au XIXe siècle sa Patrologie Latine.

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t sit exiguum caput, et siccum prope pelle ossibus adhaerente, aures breves et argutae, oculi magni, nares patulae, erecta cervix, coma densa et cauda, ungularum soliditate fixa rotunditas


Repère :

Premier Jour / Prime (page 30/31)

Source :

Isidore de Séville:
"Étymologies - Volume XII : Animaux" (écrit au VIe et/ou VIIe siècle)
Chapître I : De pecoribus et jumentis (paragraphe 46)

Le texte intégral (en latin) de ce volume des Etymologies se trouve, par exemple, ici.
Le paragraphe débute en fait par "Pulchritudo...", qui signifie "Beauté..." (ou, dans le contexte, "Pour ce qui est de la beauté..."), car Isidore de Séville définit en fait dans ce chapître les qualités d'un cheval selon 4 critères : sa santé, sa beauté, son efficacité et sa couleur.

Voici un lien vers le -magnifique !- manuscrit d'un bestiaire, dont le texte semble correspondre (au moins en partie) au livre d'Isidore de Séville.

Le texte "ut sit exiguum caput (...)" est en tout cas visible à cet endroit de la page :


Ut sit exiguum caput
(à noter que le mot soliditate n'apparait pas sur ce manuscrit)

Traduction :

(Pour ce qui est de la beauté [celle du cheval] :)
qu'il ait une tête étroite et saine, des os saillants, de courtes oreilles pointues, de grands yeux, des narines épatées, le cou bien droit, une crinière et une queue fournies, des sabots bien ronds et solidement fixés.

Notes :

La traduction du roman en langue anglaise ne reproduit pas le texte en latin dans son intégralité, mais plutôt :

"...that the head be small, siccum prope pelle ossibus adhaerente, short and pointed ears, big eyes, flaring nostrils, erect neck, thick mane and tail, round and solid hoofs."

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uctoritates-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Prime (page 31)

Traduction :

Littéralement : "les autorités".

Note :

Dans le contexte de l'époque, ce terme représente de façon générale les idées véhiculées par la Bible, par les Pères de l'Eglise, ou encore par le Pape.

Dans le contexte du roman, ce terme fait très spécifiquement référence aux paroles d'Isidore de Séville (considéré comme le dernier père des Pères de l'Eglise) qui viennent d'être citées, et que Guillaume de Baskerville a reprises dans la description de "Brunel" qu'il vient de faire au cellérier (page 29).


arginalia-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème


Repère :

Premier Jour / Prime (page 31)

Traduction :

Comme l'exlique cette page issue de la version anglaise de Wikipedia, le terme latin marginalia qualifie plus précisément les notes qu'un lecteur peut avoir apposées dans les marges d'un livre, que ces marges à proprement parler.

Note :

Ce terme est propagé à l'identique de l'édition originale en italien vers les éditions en français et en anglais.
Pour autant, aucune traduction n'est proposée par le livre "The Key to 'The Name of the Rose'" (sans doute parce que le mot anglais margin est suffisamment proche du mot marginalia pour ne pas nécessiter de commentaire).


alnea-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Prime (page 32)

Traduction :

Comme l'exlique cette page issue de la version anglaise de Wikipedia, le terme latin balnea correspond aux bains publics - soit, dans le contexte du roman, aux bains partagés par tous les résidents de l'Abbaye (les bains privés sont plutôt nommés balneum).

Note :

Ce terme latin est traduit dans la version anglaise du roman par balneary, qui correspondrait plutôt au terme latin balnearium - qui définit lui une chambre équipée d'un bain. Le terme original balnea est, du coup, sans doute plus approprié ?


osmos-Ce-texte-sert-à-contourner-un-problème-


Repère :

Premier Jour / Prime (page 33)

Traduction :

Terme grec signifiant ordre.
Dans ce contexte, ce terme correspond bien évidemment à notre cosmos, quoique sans doute plus dans son sens philosophique que strictement astronomique.

Note :

Pythagore serait à l'origine de l'utilisation de ce terme pour signifier l'ordre de l'univers.
C'est donc très certainement de lui, et des autres grands philosophes grecs qui l'ont suivi (Socrate, Platon, Aristote,...), dont il est question lorsqu'Adso de Melk fait référence aux "anciens".